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 Notes de cours

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Nicolas
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MessageSujet: Notes de cours   Mer 14 Juin à 17:01

1. Corps, entre inné et acquis
1. 1. Généralités
Le corps a une réalité biologique innée, mais il est aussi influencé par la société, ce qui lui donne une image particulière, et qui est un élément acquis. La représentation que l'on a de son corps est donc un mélange d'inné et d'acquis. Le corps est perçu de manière particulière par l'environnement socioculturel.
La formation de médecin inscrit le corps dans un univers scientifique, ce qui n'est qu'un point de vue parmi une pluralité d'actes et de visions thérapeutiques propres aux régions et aux époques.
Ainsi, les patients, consciemment ou non, ne se réfèrent pas seulement à la médecine, mais aussi à d'autres référentiels de techniques thérapeutiques.
Suite aux bouleversements de la mondialisation, la société n'est plus homogène: les cultures se mélangent, les points de vue de chacun se confrontent et évoluent. La prise en charge en est modifiée: ainsi, le programme de la polyclinique médicale universitaire stipule clairement que son rôle est d'accueillir n'importe qui, quelle que soit son origine, et de la soigner au mieux. Or, en fonction de la provenance des individus, les stratégies thérapeutiques qui peuvent être proposées ne sont pas les mêmes.
Le dualisme entre soma et psyché est un moyen pratique développé par la médecine scientifique pour comprendre l'humain, mais qui est caractéristique de notre société. Ce clivage n'est pas du tout évident pour d'autres cultures, qui peuvent avoir une représentation du corps radicalement différente.

1. 2. Mondialisation
La mondialisation est un phénomène qui engendre de grandes modifications culturelles. Ce processus a commencé à la Renaissance (XV et XVIème siècles), par la prise de conscience des caractéristiques de notre planète, qui a engendré dans le même mouvement une envie et un besoin de l'explorer. Cette exploration ne s'est terminée que dans les années 1950. La perception de la globalité de notre planète a révélé un nouveau souci, celui de faire vivre ensemble plus de six milliards d'humains. En effet, les recherches d'écologie ont bien montré la délicatesse des équilibres qui font que la Terre est un lieu de vie agréable. La mondialisation a suggéré l'importance de la vie en communauté.
Les pays occidentaux représentent un sixième des habitants de la planète, et ils détiennent quatre cinquièmes des ressources. Il y a donc un hiatus important qui devrait influencer la manière de penser.
L'autre conséquence de la mondialisation est que les liens sont de plus en plus évidents entre une réalité locale et une réalité globale. L'écologie a permis de comprendre que certaines actions peuvent engendrer des réactions à plusieurs centaines de kilomètres; c'est par exemple le cas de la déforestation.
Les causes à mettre en lien avec la mondialisation sont:
- la globalisation des économies: jusqu'à la chute du mur de Berlin, l'économie mondiale n'a jamais été totalement ouverte; la disparition de ce dernier barrage qui la clivait en deux a fait que le modèle du libéralisme économique, aussi appelé économie de marché, est le modèle de référence pour toute la planète. Ce modèle encourage particulièrement la rentabilité et la compétitivité; ces nouvelles valeurs ne sont pas uniquement valables dans le domaine purement économique, mais touchent aussi le domaine de l'éducation ou de la santé. Ainsi, la formation continue est de plus en plus nécessaire sur le marché du travail, ce qui implique qu'il faille constamment savoir se renouveler et se construire. Or les ressources individuelles ne sont pas toujours disponibles, ce qui est un facteur d'inégalité sociale.
- l'innovation technologique: les nouvelles technologies d'information et de communication sont venues perturber notre manière de fonctionner dans le monde. La culture a fait un bond en avant, mais la société, pour de nombreux points, peine à la suivre. La technologie a permis de créer de nouveaux outils, et le nombre de possibilités techniques a explosé. Désormais, l'humain est le "sujet" de la technologie: il doit s'y habituer pour survivre. La société est dite "post-figurative", parce que, contrairement aux siècles passés, les gardiens du savoir ne sont plus les personnes âgées, mais les jeunes, qui maîtrisent mieux la technologie.
- l'émergence de sociétés plurielles: les migrations sont en train de se généraliser et leur nombre d'exploser: elles modifient leur société d'accueil. La constitution de liens entre les individus et leur société d'accueil est de plus en plus rapide. Ainsi, l'émergence de nouvelles cultures au sein de sociétés "traditionnelles" provoque un foisonnement de sociétés et de cultures, ce qui permet de composer et de créer de nouveaux modes de vie par combinaisons de ceux qui préexistent. Désormais, notre propre identité est syncrétique (composée d'un "empilement" de cultures différentes"), et chaque élément de la société est concerné par ces changements.

dans un contexte de mondialisation, le secteur épidémiologique constate que le panorama des maladies se transforme en même temps que la société au sein de laquelle elles sévissent. Le caractère répétitif et presque inéluctable d'une maladie en un temps et dans un lieu défini est en constante évolution. Ainsi, les maladies infectieuses, qui semblaient sur le point de disparaître, revêtent une nouvelle importance par l'importance des pandémies (épidémies à l'échelle planétaire). Les maladies de civilisation, telles que les troubles d'adaptation, la gériatrie, la dépression, les troubles psychosomatiques, les maladies neurodégénératives ou chroniques (diabète, …) prennent en outre des proportions inquiétantes, d'autant plus qu'elles ne sont pour la plupart pas guérissables de manière définitive, et que les problèmes peuvent s'étendre durant de nombreuses années.

1. 3. Corps et culture
"Le corps est un vecteur sémantique par lequel se construit l'évidence de la relation au monde: activités perceptives, expression des sentiments, étiquettes mises en jeu dans les rituels d'interaction, techniques du corps, relation à l'hygiène, à l'esthétique, présentation et imaginaire du corps, affections "mentales" ou "organiques" et manière de les vivre ou de les combattre, avec des modes thérapeutiques diversifiés, séduction, relation à la souffrance, relation à la douleur, relation à la pudeur, …" (Le Breton)
On observe que le nombre de sens diffère selon les cultures; les indiens, par exemple, en recensent six, puisqu'ils ajoutent l'intuition. De même, selon la culture, on extériorise plus ou moins ses émotions, ou l'interaction avec les autres ne se passe pas de la même manière. Le capital inné du corps reste le même, mais l'expression acquise diffère.
La médecine occidentale repose sur quatre séparations:
- soma et psyché
- santé et maladie
- personne et groupe social
- savoir scientifique et savoir populaire
Ces séparations ne sont pas normales et peuvent paraître aberrantes à certaines cultures. En effet, elles sont inscrites dans une évolution historique entamée à la Renaissance. l'humanisme s'est développé en s'écartant du système de pensée initial basé sur la religion, et il place l'être humain au centre de toute chose. Chacun d'entre nous est donc un acteur et un découvreur. Ceci fait que les chercheurs de l'époque ont dépassé le tabou qui faisait du corps un élément lié à Dieu et à l'univers, incompréhensible de par ses propres constituants, et un univers interdit.
L'ancienne conception voulait que les quatre éléments (feu, eau, terre, air) soient à l'origine de tout, et que leur équilibre et leur répartition constitue le corps. le fait que le corps soit constitué des quatre éléments le mettait en lien avec les astres qui les gouvernent, et avec les végétaux et minéraux, aussi constitués de cette matière. La vision anthropocentrique fait apparaître la curiosité à propos d'une réalité somme toute inconnue, malgré les théories qui existaient. Les premières études anatomiques ont été effectuées par des peintres, qui permettent le passage d'un modèle tridimensionnel à un support bidimensionnel propre à la copie et à la diffusion. selon cette vision, le corps se singularise et peut dès lors s'expliquer par lui-même. Il devient alors un élément de la recherche scientifique.
Dès la Renaissance, les scientifiques ont le courage d'ouvrir les corps. L'Église limita d'abord cette pratique aux excommuniés. On pouvait dès lors reproduire le contenu du corps, ce qui a développé sa représentation moderne. Or le cadavre est un corps sans vie, donc sans émotion, sans potentiel mental ou lien social. Ceci conduit au premier clivage, entre le soma et la psyché. Il faudra d'ailleurs attendre la deuxième moitié du XIXème siècle pour que la médecine s'intéresse de nouveau à la psyché. On sait maintenant que les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire sont en interaction, ce qui fait que ce clivage n'est pas réel, mais uniquement un outil pour mieux comprendre le fonctionnement de notre corps.
les distinctions entre santé et maladie, personne et groupe, science et savoir populaire, sont dues à la même évolution, et, pour elles aussi, on constate de plus en plus l'inutilité de ces clivages, qui n'ont eu pour but que de faciliter la recherche scientifique, puis de glorifier la science.
Le premier traité d'anatomie est paru en 1481; le premier ouvrage de médecine comprenant une véritable recherche anatomique et médicale est due au peintre flamand Vesale, qui effectua ses recherches à Naples et fut publié à Bâle. Il comprend déjà, de manière implicite au moins, tous les dualismes présentés.
"La formulation des lois de la nature et la connaissance plus exacte et plus fine du corps sont le fruit des interrogations de l'homme sur le sens de sa vie et sur son devenir; l'élargissement de horizons du monde va de pair avec l'approfondissement des interrogations à propos du corps." (Vigarello)
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Nicolas
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MessageSujet: Re: Notes de cours   Jeu 15 Juin à 16:23

2. Corps et culture
2. 1. Généralités
Il existe de nombreuses représentations différentes du corps. Elles sont issues de pratiques thérapeutiques, scientifiques ou non, et leur nombre est croissant dans notre société. Sous l'effet de la mondialisation, nos pratiques médicales s'échangent et se reconfigurent.
L'être humain, à cause de sa condition, est partout confronté à la douleur, à la souffrance et à la mort. Dans notre société, toutes ces affectations sont réunies sous le terme de maladies. Chaque culture a développé des réponses particulières, qui constituent autant de pratiques thérapeutiques particulières. Ceci fait que des moments de vie semblables sont vécus et perçus de manière différente selon la culture.
"La culture médicale - d'une civilisation, d'une société, d'une communauté, d'un groupe, d'un individu - est ce qui se fait et ce qui existe au niveau des soins pour soulager les souffrances humaines et obtenir des guérisons; toutefois, elle est d'abord et surtout ce qui se fait et ce qui existe comme ayant du sens dans un contexte donné."
• Civilisation: occidentale, chinoise, indienne (ayurvéda), …
• Société: Suède, Italie
• Communauté (sensibilité culturelle différente): Suisse Romande, Suisse Allemande, Suisse Italienne, Romanche
• Groupe: étudiants en médecine; étudiants en HEC
Pour découvrir les différences, on observe les pratiques thérapeutiques, de la chirurgie au sacrifice rituel; mais avant de juger ces pratiques du point de vue de leur efficacité, il faut commencer par en rechercher le sens.
"La maladie est à la fois la plus individuelle et la plus sociale des choses. Chacun l'éprouve sur son corps […] et les schémas de pensée qui permettent de la reconnaître, de l'identifier et de la traiter sont éminemment sociaux." (M. Auger)

2. 2. Pôle orthodoxe et pôle hétérodoxe
La pensée médicale est issue d'une rigueur des recherches toute particulière, basée sur des pratiques objectivistes. Elle est donc intimement issue du mouvement positiviste du XIXème siècle. Actuellement, la rigueur scientifique est conservée, mais la mentalité de la société a changé, et d'autres référentiels sont apparus et se sont développés. Le pluralisme culturel et social entraîne forcément un pluralisme médical. Tout au long du XXème siècle, la santé et la médecine étaient indissociable; maintenant, l'économie, l'humanitaire, l'éthique, etc., ont leur place et font que la santé est une problématique sociale et culturelle.
Dans notre société, le pluralisme médical est croissant. On peut classer les pratiques:
• médecine scientifique (pôle orthodoxe):
- premiers recours
- spécialités
- psychiatrie(s)
- psychologie médicale
- sciences infirmières
- techniques psychocorporelles
• médecine et soins complémentaires (pôle hétérodoxe):
- médecine et soins non-conventionnels (principalement: occidentalisation de pratiques étrangères en quête de légitimité)
- médecine et soins extra-européens (médecine chinoise, ayurvéda)
- soins populaires et traditionnels (issus de la culture orale, ils ne cherchent pas de légitimité)
En Europe occidentale, on recense 280 offres de soins non-conventionnels.

2. 3. Osthéopathie
L'osthéopathie est une médecine non-conventionnelle. Le cursus d'études dure six ans, ce qui la rapproche de la médecine. Les stratégies d'intervention sont uniquement manuelles. Cette pratique se positionne pour être reconnue comme une prestation de soins.

2. 4. Réflexothérapie plantaire
A travers le massage des pieds, il s'agit d'une thérapie du corps. En touchant des zones spécifiques du pied, permet d'ausculter et de modifier des organes spécifiques. Le lien se fait par des canaux énergétiques spécifiques, qui n'ont pas de réalité scientifique. La source d'inspiration est la médecine égyptienne datant de 4000 ans. Cette technique n'a pas de visé clinique, mais uniquement diagnostique, et vise à régénérer le réseau énergétique du corps, ce qui fait qu'elle est préventive plutôt que curative.

2. 5. Homéopathie
L'homéopathie est un système médical à par entière, inscrit dans la culture européenne, développé dans les années 1780 en Allemagne, par un médecin, Allemann. Il expérimente sur lui-même de manière empirique. Ceci fait que l'homéopathie recherche la spécificité des réactions du corps de l'individu, et offre une recherche personnalisée à cette spécificité. Elle ne traite donc pas tout le monde de la même manière. Le but est d'aider le corps, ayant lui-même une grande capacité de guérison, à fournir une réponse adaptée au problème. La prise en charge est personnalisée. L'homéopathie conçoit que le mal va de l'intérieur vers l'extérieur: une manifestation épidermique est un processus de guérison et d'expulsion des toxines. Selon cette conception, le corps a lui-même les moyens de guérir et l'homéopathie ne fait qu'aider le processus, à la manière d'un vaccin. Elle se distancie donc de la médecine scientifique, en ne s'intéressant qu'à l'être vivant, sans passer par le cadavre pour l'étudier. De même, si la médecine scientifique implique l'expérimentation animale, l'homéopathie s'y refuse, car elle cherche à guérir l'humain. La seule efficacité de cette technique documentée par la science est l'effet placebo, que l'approche scientifique considère comme un effet parasitaire, alors que l'homéopathie le valorise.

2. 6. Médecine ayurvédique
Ce type de médecine est extra-européen, puisqu'il est né en Inde 3000 ans avant J.-C. Il s'agit d'une médecine écrite et savante, comprenant une histoire impressionnante. Ayurvéda signifie science de la vie. Le but est de soigner les maladies, mais aussi et avant tout de les prévenir et de vivre en bonne santé. Le but final est d'atteindre le bonheur et la réalisation de soi, ce qui le rapproche des objectifs de l'OMS. Pour être opérationnelle, la médecine ayurvédique repose sur les Doshas, qui sont des principes fondamentaux du corps qui gouvernent les fonctions de l'organisme, mais aussi la nature en général. Ils sont basés sur l'observation empirique et régulent les équilibres du corps vivant. Il s'agit de:
• Vata: principe du mouvement, de l'élimination, de la catalyse
• Pitta: principe d'énergie, de transformation et de métabolisme
• Kapha: principe de construction, de structure, de forme et d'anabolisme
L'autre concept-clé est la Prakriti, qui représente la construction psycho-physiologique. Il n'y a donc pas de clivage entre soma et psyché selon cette conception, et les deux sont tout à fait indissociables.
Les techniques d'approche thérapeutique sont par exemple:
• bain d'huile de noisette sur le front: le point où tombe l'huile est un chakra, un lien entre le corps et l'esprit, et ce traitement permet d'acquérir une nouvelle stabilité psycho-physique
• massage: le contact physique est largement utilisé pour activer le corps
Les pratiques sont avant tout préventives: elles utilisent des pratiques journalières et saisonnières pour maintenir la santé:
• approche au niveau de la conscience, au moyen de la méditation. Les buts sont l'introspection et le développement du potentiel naturel.
• approche par la nutrition, reliée aux types constitutionnels (Doshas)
• utilisation de "médicaments" à base de plantes
• prescription de routines journalières et saisonnières
• exercices d'intégration psycho-physiologiques (Hatha-Yoga): maîtrise du corps et de l'esprit
• purification du corps (Panchakarma) par le sauna, dans le but de transpirer les toxines
La santé naît donc d'une gestion optimale de ce que nous sommes. Le discours ne vise pas l'objectivité mais la personnalisation.

2. 7. Soins populaires
Il s'agit d'un héritage de notre propre histoire, issu d'une culture orale paysanne. On distingue:
• rebouteux: médecine manuelle, sans formation, incluant massages et manipulation des os.
• faiseur de secrets: personne qui a reçu en secret une formule (prière) qui sert à combattre un état spécifique (verrues, hémorragies, brûlures, …). La personne qui la possède doit la transmettre à une personne plus jeune.
Æ guérisseur: tous les guérisseurs sont passés par une expérience de maladie grave et en ont guéri. La connaissance thérapeutique passe donc par l'expérience directe. Ils n'ont pas de savoir préalable. L'intuition est valorisée et remplace le savoir. Ils ont reçu un don, dont la manifestation la plus particulière est une chaleur du corps, et notamment des mains.
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Nicolas
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MessageSujet: Re: Notes de cours   Ven 16 Juin à 17:34

3. Corps et migrations

3. 1. Généralités
Tout comme les savoirs, les personnes circulent et interrogent les pratiques et les connaissances médicales.
La migration est un facteur essentiel de la mondialisation.

3. 2. Anthropologie
L'anthropologie est une posture intellectuelle particulière, y compris face à notre société: elle incorpore dans la représentation de la société les voies masquées de cette société. Par exemple, elle étudie les comportements autour d'un patient migrant quand on lui annonce un diabète. Elle place au premier plan la perception et le discours de l'acteur, son cheminement dans un système social, qu'elle décrypte avec lui et selon ses codes. Le but est de relier des pratiques globales (migrations) à des processus locaux (polyclinique médicale).

3. 3. Indice de développement humain (IDH)
Basé sur trois critères:
- espérance de vie
- niveau d'instruction
- revenu par habitant
Indice élevé: pays occidentaux, Japon
Indice très bas: pays d'Afrique centrale et du sud
On observe donc une grande fracture de développement humain entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud.
Les pays dont l'indice de développement humain est le plus bas sont aussi ceux qui ont le plus de problèmes de guerres (étatiques, civiles, larvées,…). Les personnes migrant de ces pays le font surtout pour garantir leur survie, sans qu'ils aient envie de vivre dans le pays d'accueil.

3. 4. Flux migratoires
Les migrations concernent deux populations:
- des personnes hautement qualifiées
- des personnes non qualifiées
Ainsi, l'Inde exporte beaucoup d'ingénieurs aux USA. On observe donc que certains migrants viennent chercher la sécurité et l'emploi, tandis que d'autres apportent leurs connaissances.
On peut distinguer le flux migratoire selon les personnes qui y prennent part et leurs désirs:
- attraction vers un pays: migration économique. On parle de migration proactive: les migrants vont quelque part, avec un but.
- répulsion du pays d'origine: migration humanitaire. On parle de migration rétroactive: on fuit un pays, sans autre projet que la survie.
Depuis 1989, les flux migratoires ont considérablement augmenté: ils représentent environ 4 fois celui des années 1960 à 1975. On observe donc que:
- les phénomènes de migration sont en extension
- les phénomènes de migration sont irréversibles, ils vont de pair avec la mondialisation.
- les migrations évoluent de permanentes (durant les années 60-70: installation définitive d'Italiens ou d'Espagnols en Suisse) vers temporaires et circulaires (limitées en durée, et comprenant de nombreux allers et retours.

3. 4. Enjeux
Actuellement, l'enjeu principal auquel nous devons faire face est une prise de conscience: les interactions facilitées entre les individus et les cultures posent de plus en plus de questions à propos des différences entre les cultures et la manière de les gérer. De plus, la pluralité dans la société est indéniable et tend à s'étendre, de même que la pluralité des sociétés auxquelles chacun est confronté. Il est donc nécessaire d'établir une articulation constructive entre l'individu et le collectif.
L'un des buts actuels et de rechercher et de définir une nouvelle identité. L'identité se définit par le lien social, elle se définit entre soi-même et les autres; elle n'est pas problématique tant que la société est unie, mais chacun de nous développe des liens de plus nombreux avec des personnes d'autre culture. Pour que l'identité fonctionne, elle doit tenir compte de ce contexte de pluralité. Les alternatives sont:
• construire une société civile cohérente en y incluant la pluralité des cultures
• établir des rapports de force et des conflits d'intérêt entre les cultures, pouvant aller jusqu'à une guerre civile.

3. 5. Relations interculturelles
Les relations, à l'heure actuelle, doivent tenir compte de trois principes:
- l'identité (personnelle comme professionnelle)
- l'altérité
- la pluralité
De plus en plus, la société est inhomogène; les migrants n'ont dès lors plus pour mission de s'adapter simplement à un ensemble uni. Il faut plutôt trouver des combinaisons harmonieuses pour garantir un métissage, allant contre l'exacerbation des particularismes, mais aussi contre l'obsession de l'uniformisation.
Les relations interculturelles doivent se définir par rapport à des références, qui permettent de décider quels comportements propres à une culture sont acceptés et quels autres refusés. Ainsi, il va de soi que des pratiques comme l'excision ou l'infibulation, bien qu'éminemment culturelles, ne sont pas admissibles dans notre société. Le but est de ne pas miner la cohésion sociale, et de ne pas aller à l'encontre des droits humains.
Pour les migrants, les logiques du privé (l'identité) doivent interagir avec les logiques civiles et institutionnelles.
Pour les professionnels, il faut établir des stratégies d'intervention adaptées aux migrants. Par exemple, il est important d'arriver à se décentrer, pour ne pas garder son point de vue imprégné et partisan, mais de pouvoir comprendre le point de vue des migrants.

3. 6. Migrants et maladies chroniques
Les maladies chroniques peuvent toucher les migrants autant que les autochtones. Le diabète, par exemple, peut poser des problèmes différents selon que la personne est migrante ou autochtone. Il existe deux types de diabète:
- type I: inné
- type II: acquis (par le stress, l'alimentation, le tabagisme, l'alcoolisme, la sédentarité, l'obésité, …)
Le diabète est une maladie qui peut rester silencieuse pendant relativement longtemps, et donc être totalement asymptomatique.
La confrontation entre les professionnels de la santé et les migrants oblige à contextualiser l'interaction entre l'offre et la demande. Ceci se fait par le travail en réseau, qui permet de fournir une réponse appropriée et cohérente. Les composants sont:
• la biomédecine:
- médecins de premier recours: généralistes, internistes
- médecins spécialistes: endocrinologues
• la médecine bio-psycho-sociale et multidimensionnelle
• la psychiatrie (par exemple pour traiter le déni, ou pour modifier le comportement alimentaire)
• les soins infirmiers
• la diététique
• l'accompagnement social
• l'éthique
• l'éducation thérapeutique du patient (cours dont l'objectif est de permettre au patient de connaître et d'apprivoiser la maladie chronique, ce qui permet d'augmenter l'"empowerment" du patient, de favoriser un véritable consentement éclairé et une participation active du patient)
Quoi qu'il arrive, il n'est pas question de différencier la prise en charge selon la culture des personnes, quelle que soit leurs réactions; la tâche des soignants est de rendre le traitement le plus adapté possible à la personne.
Les migrants sont aussi touchés par le diabète que les autochtones; or la réponse au traitement est différente. ceci est dû au fait que leurs représentations ne sont pas les mêmes, et que le diabète n'occupe pas la même place dans leur vie.
Le but du médecin n'est pas d'être un expert de toutes les cultures, mais de chercher à comprendre le patient.
Les trois points à propos desquels les représentations changent selon les cultures sont:
• l'importance de la maladie: un médecin dira que le diabète doit être une priorité et que la vie du patient doit être réorganisée en conséquence; or, il ne s'agit pas forcément de la priorité du migrant. Ceci fait que les finalités de la médecine peuvent rencontrer une résistance de la part du patient. Il faut donc comprendre le parcours de vie de ce dernier pour trouver un traitement.
• l'étiologie: l'étiologie de la maladie peut être multiple pour le migrant: elle peut à la fois prendre un sens médical et un sens culturel et spirituel, sans qu'il n'y ait d'opposition. Ceci fait que l'étiologie médicale, bien qu'admise, est relativisée.
• le fonctionnement en réseau: le fonctionnement de la médecine occidentale est complexe; il peut ne pas être compris, ou être en opposition avec des pratiques communautaires de la personne migrante. Ceci peut donc perturber le fonctionnement d'un réseau.

3. 7. Conclusion
Le praticien de la santé doit être souple, attentif à la pluralité des cultures, et chercher à concilier le mieux possible les projets de vie et les projets thérapeutiques, en assimilant les trois sources de savoir:
• professionnelle: médecine
• non-professionnelle: ensemble des croyances et des conceptions culturelles
• idéo-syncrétique: croyances de l'individu, fondées sur l'expérience et les observations
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MessageSujet: Re: Notes de cours   Lun 19 Juin à 15:20

4. Interactions et institutions

4.1. Évidence
Les évidences sont des choses que nous savons sans que nous en ayons conscience. Il s'agit par exemple de compétences sociales, comme où s'asseoir dans un bus, etc, qui sont des connaissances acquises.
"La dernière chose qu'un habitant des profondeurs de la mer pourrait connaître, c'est l'eau. Il ne deviendrait conscient de son existence que si un accident l'amenait à la surface te le mettait en contact avec l'air. L'homme, à travers toute son histoire, n'a été que vaguement conscient de l'existence de la culture, et n'a dû cette conscience qu'aux contrastes entre les coutumes de sa propre société et d'une autre avec laquelle il se trouve en contact. La capacité de percevoir la culture de sa propre société en tant que tout, d'évaluer ses configurations, ses schèmes, et d'apprécier leurs conséquences, exige un degré d'objectivité qui ne peut que rarement être atteint, voire jamais." R. Linton

4. 2. Interactions
"Les couples de personnes constituant entre elles une structure intime connaîtront, par définition, une somme considérable de choses l'une sur l'autre, de même que des expériences qu'elles sont seules à partager […]. Mais l'exclusivité de cette information pâlit devant la masse d''informations sur le monde, que deux individus, qui se connaissent à peine, doivent présumer raisonnable de reconnaître au moment d'établir leurs premiers échanges." E. Goffman
On peut étudier l'ordre social du point de vue des interactions entre personnes en contact.
Les acteurs sociaux sont tous plus ou moins socialisés.
Nous avons une grande capacité à percevoir la sémiologie (lire les signes) que nous donne autrui. Elle est l'autre facette d'une posture sémiologique très fine et bien contrôlée, qui n'est pas innée mais acquise. Ces savoirs sont pourtant principalement intuitifs, et sont difficiles à mettre en évidence.

4. 3. Institutions
La profession de médecin est légalement consacrée; elle fait donc partie d'une institution. Ceci implique l'existence de rôles sociaux d'une part, et de statuts sociaux d'autre part. De plus, l'institution se définit par ses interactions, tout comme l'individu: pour qu'il y ait un médecin, il faut qu'il y ait des malades, des administrateurs, etc.
L'ordre social peut être lu par l'observation des interactions entre personnes.
Paul Ricoeur définit que l'identité se caractérise par deux éléments dictincts:
- l'ipséité: être soi-même et irréductible à quelqu'un d'autre
- la mêmeté: appartenir à une catégorie logique commune à plusieurs individus

4. 4. Rôles
La métaphore théâtrale est une ressource très utilisée pour décrire le comportement des acteurs sociaux. Ceci suppose qu'une partie au moins de chaque rôle a été écrite.
Le rôle est:
- une réponse typique à une attente typique (A. Berger)
- schéma de comportement qui est escompté d'un individu dans une structure sociale donnée. (R. Delnelle)

4. 5. Normes
La normalité est mise en lien avec la normativité. Les choses obligées ou interdites ne le sont que rarement de manière explicite, ce qui n'empêche pas que la désobéissance soit punie. Ainsi, le serment d'Hippocrate fait partie de la normativité d'une corporation; on rencontre même d'autres normes qui sont propres à une famille, etc, et qui sont souvent opaques pour le monde extérieur. Ces normes peuvent donner lieu à une sanction, même si elles n'ont aucune dimension légale, mais uniquement sociale. La transgression d'une norme sociale peut faire "perdre la face".
La face sociale est liée au rôle; perdre la face est très pénible et est une sanction efficace. Une personne peut donc être discréditée socialement uniquement parce qu'il a transgressé les normes sociales. Notre face est donc un bien précieux.
"Alors que la face sociale d'une personne est souvent le bien le plus précieux et son refuge le plus plaisant, ce n'est qu'un prêt que lui consent la société: si la personne ne s'en montre pas digne, ce prêt lui sera retiré. Par les attributs qui luis ont accordés et la face qu'ils lui font porter, tout homme devient son propre geôlier. C'est là une contrainte sociale fondamentale, même s'il est vrai que chacun peut aimer sa cellule." E. Goffman
Il y a toujours un monde institutionnel transmis de génération en génération, avec des rôles déjà définis. Le monde social est donc constitué d'un réseau, lui même formé de statuts.
"La société est un réseau de "positions normées", ou statuts, occupées par des gens. "Père est un statut à l'intérieur d'un réseau - "fils", "grand-père", "mère", … - qui façonne une famille. "Femme" et "homme" sont deux statuts à l'intérieur d'un réseau appelé "genre"." D. Newman
les conflits au sein d'un individu peuvent avoir lieu:
- inter-rôle: par exemple, conflit entre "mère" et "infirmière" en cas de maladie de l'enfant
- intra-rôle: des segments du même rôle peuvent rentrer en conflit: infirmière facette élève; infirmière facette médecins

4. 6. Statuts et institutions
Les statuts sont configurés dans une institution. L'institution est, pour les anthropologues, une manière de penser, de sentir et d'agir. Elle se caractérise par une permanence et une persistance par-delà les générations. Il s'agit donc d'une mise en commun de valeurs, de normes, de pratiques et de procédures.
"La participation d'un individu à la culture est conditionnée en premier lieu par sa position dans la structure sociale, c'est-à-dire par son statut. Dans l'organisation formelle de chaque société, chaque statut comporte, associé à lui, une constellation d'expectatives de conduites déterminées. Les modèles sont organisés et harmonisés, de telle sorte que tout individu qui possède le statut puisse utiliser dans son ensemble la constellation ainsi associée. Les constellations qui appartiennent à différents statuts sont de même ajustées les unes aux autres, ce qui permet à la société elle-même de fonctionner comme un tout." R. Linton
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Nicolas
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MessageSujet: Re: Notes de cours   Mar 20 Juin à 18:06

5. Pluralisme médical dans les sociétés occidentales
5. 1. Généralités
En Suisse Romande comme dans la plupart des pays occidentaux, on observe un pluralisme médical qui peut être organisé selon deux pôles:
• orthodoxe: médecine scientifique et professions associées
• hétérodoxe: médecines "complémentaires"

5. 2. Anthropologie médicale
La finalité de l'anthropologie médicale est de rendre raison à d'autres formes de soin que la médecine scientifique. Par exemple, toutes les médecines cherchent à résoudre le problème posé par la médicalisation actuelle de la société, et de pallier au désenchantement de la population, souvent lassée des insuccès de la médecine scientifique.

5. 3. Médicalisation
De plus en plus, la médecine concerne toutes les étapes de la vie, mais aussi à tous les problèmes a priori extérieurs à la médecine, comme la migration ou le travail.
La société civile délègue à la médecine de nombreux problèmes, comme la précarité. Ceci fait que la santé devient au fil du temps une valeur de référence au sein de la société, qui remplace les valeurs religieuses:
• salut -> santé
• âme -> corps
• vie éternelle -> longévité

5. 4. Inversion des tendances
Jusqu'à récemment, tout ce qui concernait la santé était régi par la médecine. Maintenant, d'autres types d'intérêt interviennent:
• politique
• économie
• éthique
De même, de nombreuses professions paramédicales, comme les soins infirmiers, se font reconnaître comme des pôles différenciés de la tutelle médicale, ayant leur propre formation et un rôle différent à jouer.
Le "droit à la santé" devient une nouvelle valeur, qui transforme les patients en acteurs. On parle alors de plus en plus de droits et de devoirs, tant chez les praticiens que chez les patients.
Dès lors, la santé n'est plus un problème de la médecine, mais de la société entière.

5. 5. Panorama épidémiologique
Quand les individus sont soumis à des maladies de civilisation, auxquelles la médecine n'a pas vraiment de réponse, le pluralisme médical prend tout son sens, car il permet à chacun de trouver sa thérapie.
Dans le domaine du SIDA ou de l'oncologie par exemple, les individus profitent du pluralisme médical:
• un jeune homme découvre sa séropositivité, mais commence par réagir par le déni pendant trois mois. Ensuite, il décide de se prendre en main, et de penser aux autres et à lui-même. En 1996, la seule réponse de la médecine scientifique est l'AZT, un médicament violent et peu efficace, aux effets collatéraux importants. Ceci fait qu'il rencontre un médecin, qui est aussi acupuncteur, et qui lui propose comme premiers soins deux séances d'acupuncture et une médication à base de plantes. En 1998, les trithérapies apparaissent sur le marché, et les expériences montrent que les effets secondaires sont bien plus faibles que ceux de l'AZT. Il décide donc de prendre une trithérapie, car la médecine scientifique répond à ses attentes. Il continue cependant en plus de l'acupuncture et du drainage lymphatique (naturopathie), il s'adresse à un guérisseur, tout ceci dans le but de limiter au mieux les effets secondaires des trithérapies. Ceci est un exemple de démarche plurielle:
- la médecine scientifique répond bien à l'avancée du virus
- la médecine chinoise renforce le système immunitaire
- le guérisseur et le drainage lymphatique éliminent les effets secondaires
• une femme de 29 ans, ayant beaucoup voyagé en Asie, vit une crise existentielle. À cause de sa toxicomanie, elle devient séropositive. Imprégnée de philosophie orientale, elle considère que la nature a les moyens de guérir la maladie. Elle entre donc en contact avec une naturopathe, souffrant elle-même de la sclérose en plaques, avec un psychiatre de la médecine tibétaine, et des guérisseurs, mais aucun membre de la médecine scientifique. Cette femme a une crise de candidose (champignons se développant dans le tractus intestinal), et elle décide de la soigner par l'homéopathie. Le traitement n'est pas adapté, elle doit être hospitalisée, et se fait âprement critiquer par le médecin. ceci fait qu'elle s'est à nouveau détachée de l'institution médicales scientifique.
• une étude lausannoise a montré que le pourcentage de personnes ayant un problème oncologique et s'adressant à d'autres recours thérapeutiques est de 66%.
• une femme âgée de 55-60 ans a un problème oncologique grave. Elle est traitée au CHUV par chimiothérapie: le traitement est lourd et les effets collatéraux graves. Elle décide de tout mettre en oeuvre pour vivre et voir grandir ses enfants. Elle a l'impression de ne plus gérer son corps et commence le taï-chi (exercices psycho-physiques). Elle subit des massages ayurvédiques. Elle est très croyante et prie Dieu. Elle essaie le drainage lymphatique, un guérisseur, la médecine des plantes, puis la méthode de méditation Simonton, qui est une technique d'introspection. En effet, elle a le sentiment que son cancer est dû à son caractère et aux difficultés qui se sont accumulées. Elle estime donc que la médecine, si elle est capable de résoudre les problèmes biologiques, n'a pas de prise sur les problèmes spirituels.

5. 6. Pluralismes
• il existe une pluralité de "dire" et de "faire" à propos de la maladie
• la médecine n'est pas la seule explication dont tiennent compte les individus; elle n'occupe qu'une place relative
Les pluralismes permettent des comparaisons et des confrontations, qui sont dues au fait que la médecine scientifique n'offre pas toujours les remèdes. La médecine scientifique a des avantages immenses, mais aussi des limites que d'autres techniques viennent combler.
le choix de ce que le patient doit faire par rapport à la maladie n'est pas entre les mains de la médecine mais de plus en plus de l'individu. Ceci est dû à l'individualisme croissant, qui entraîne une évolution des libertés individuelles. Le patient peut donc déterminer son propre parcours thérapeutique.
Les individus utilisent le pluralisme médical:
- par souci d'efficacité thérapeutique: tous les moyens sont bons pour aller mieux
- parce qu'ils cherchent du sens, en dehors de ce que propose la science
De nos jours, la conduite thérapeutique du malade est en lien avec l'interprétation qu'il propose. Le hiatus entre la science médicale et le cheminement thérapeutique des patients fait que la médecine ne propose que rarement une réponse complète à l'attente des patients.

5. 7. Thérapies
La notion de thérapie est multiple, puisque les méthodes de plusieurs recours thérapeutiques sont différentes. La thérapie peut donc regrouper toute conduite jugée comme ayant une portée thérapeutique. les pratiques médicales multiples, extérieures au champ scientifique, méritent aussi une attention, car elles jouent un grand rôle dans la réponse du patient à la maladie.
Les médecines complémentaires ont, historiquement, d'abord été globalement rejetées; puis on leur a accordé une tolérance passive (tant qu'elles n'interfèrent pas avec la pratique médicale…). Maintenant, avec le développement du modèle bio-psycho-social, le fait que des parents fassent des projets thérapeutiques par eux-même de manière active est plutôt favorisé, car ce comportement favorise la survie ou la guérison des patients.
Même si les pratiques hétérodoxes ne peuvent pas acquérir la même légitimité que la médecin scientifique, elles constituent un appui non négligeable.
Les trois sources de savoir concernent l'ensemble des individus de la population; dès que la médecine scientifique n'offre pas de réponses satisfaisante, d'autres moyens sont sollicités.

5. 8. Laïcité
Depuis la Renaissance, la religion et la science ont évolué de manière parallèle, en cultivant une méfiance réciproque. Actuellement, la spiritualité est donc ressentie comme une alternative à la science. La médecine moderne est fondamentalement laïque, ce qui la distingue d'autres approches thérapeutiques, souvent en lien avec une philosophie ou une religion. Les recherches des individus sont:
- une efficacité physique
- un sens métaphysique
Les pratiques de santé réunifient le dualisme soma/psyché.

5. 9. Conclusion
L'anthropologie analyse les conditions de coexistence et de recours à différentes formes de savoirs, de logiques et de rationalités.
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