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 De la naissance à la mort

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David
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Localisation : lausanne / gruyères
Date d'inscription : 22/03/2006

MessageSujet: De la naissance à la mort   Mar 13 Juin à 16:57

DE LA NAISSANCE À LA MORT


Programme

I. Naissance et enfance
II. Adolescence
III. Parcours de vie au féminin, des cycles de vie aux trajectoires
IV. Fin de vie et mort
V. Parcours de vie et pratique médicale


Référence :

Dictionnaire de la pensée médicale / Quadrige / Presses Universitaires de France, 2004
Articles sur : Adolescence, Alzheimer, avortement, contraception, démographie, diagnostic prénatal, échec scolaire, eugénisme, euthanasie, fécondation artificielle, fin de vie, maladie des femmes, ménopause, mort, mort subite des nourrissons, obstétrique, pédiatrie, procréation assistée, protection maternelle et infantile, réanimation, sexualité, soins palliatifs, statut de l’embryon, stérilisation, vieillissement.

I.1 Naissance et enfance (cours du Pr. Ansermet)

L’un et le multiple
Pour analyser la naissance, il faut poser la question de la psychanalyse : la question clinique.
Il faut être attentif à l’un et au multiple.
Chaque sujet est unique, et pour cela, il faut avoir une connaissance du multiple.
Le fondement de la psychanalyse dit que c’est le patient qui sait.
Il faut donc aller à la recherche du savoir du patient.
Le sujet est une exception à l’universel.

L’amnésie infantile et l’image de la naissance
Nous souffrons tous d’un phénomène étrange : l’amnésie infantile.
On construit donc sa vie autour d’un trou.
Malgré l’amnésie infantile qui est explicite, il existe une mémoire du corps, implicite, appelée la mémoire amygdalienne.
On distingue donc 2 types de mémoire : implicite et explicite
La mémoire explicite est la mémoire déclarative.

Aujourd’hui on a de plus en plus d’image de la naissance, on a des photos de l’accouchement, ce qui n’était pas le cas hier.
On peut même obtenir des images d’échographie. L’échographie influence la perception de la vie et de la mort. Ceci est mis en évidence lors de fausse couche ou d’enfant mort-né.
Le problème est repoussé encore plus loin avec l’image de l’ICSI (fécondation assistée in vitro). Qu’est-ce que cette image ? Que représente-t-elle ?

La naissance est devenu un objet parfois hautement artificiel, notamment avec les bébés éprouvettes ou plus récemment, le bébé médicament.
On observe donc un problème de définition : La procréation, comment se la représenter ?

Problème de définition : la procréation
La sexualité, la gestation, la naissance sont toutes trois des notions qu’on peut se représenter.
Mais la procréation ?
On peut se poser les questions :
Qui suis-je ? Qu’est-ce que j’étais avant d’être moi ? Est-ce que j’existe ? Avant d’être dans le ventre, où étais-je ?
C’est une dimension irreprésentable, d’ailleurs la mort l’est au même titre.

La vie, une condamnation
Socrate disait que en donnant la vie, on donne la mort.
Il y a une idée de mort ou même de meurtre autour de la naissance. En effet, chaque personne qui naît est condamnée à mourir.
Le mot croisé suivant exprime bien cette idée : ‘condamné à mort en 2 lettres’ : né

D’où viennent les enfants : l’impossible de l’origine
L’enfant essaie de créer un savoir à partir de fictions. Freud appelle cela les théories infantiles. Il invente des théories en contournant le sexe.
Le journal d’Heroard illustre bien ces théories. Heroard était un médecin qui suivit le futur roi de France Louis XIII durant toute son enfance (né en 1601). Il écrivit dans son journal tous les faits et gestes de la vie de ce garçon, sans omettre le fait qu’une femme devait lui secouer la verge afin de le fortifier ou encore sa première éjaculation. Dans le journal d’Herroard est relaté la théorie sur la naissance du jeune Louis XIII qui dit que l’enfant est introduit par l’oreille et sortira par l’autre oreille.
On observe très souvent un déni de la sexualité des parents.
Un livre intitulé ‘La secte du phénix’ parle d’un culte transmis sans enseignement de génération en génération et ce même dans la cité de Calvin. Il s’agit du secret de la procréation.

Les romans familiaux
Les enfants s’imaginent des histoires au sujet de la parenté. Ils s’imaginent descendre d’une autre famille, d’une princesse ou d’un roi… On appelle cela les romans familiaux.
Finalement, on est tous l’adopté du désir des parents.

Les questions subjectives de l’enfant
Chaque enfant se posera ces diverses questions afin de se construire à partir de ce trou laissé par l’amnésie infantile.
Il y a des bébés éprouvette, et même aujourd’hui des bébés médicament. Récemment, 2 lesbiennes sourdes ont données naissance à un enfant sourd en sélectionnant le spermatozoïde pour que l’enfant soit également sourd. La médecine peut autant sélectionner les caractéristiques fortes ou faibles d’un individu. On se retrouve face à de graves problèmes éthiques.
Bien que la procréation soit parfois devenu un objet hautement artificiel, chaque enfant sera concerné par ces questions afin de se construire.





I.2 Comment des civilisations éloignées considèrent la naissance et la petite enfance ? (cours de Véronique Dasen, historienne et archéologue)

Approche anthropologique et historique dans les sociétés traditionnelles (non industrialisées)

Traitement selon l’âge
A Rome, on considérait 2 période pour l’enfance : la puerita (0-17ans) et l’infantia (0-7ans)
Il y avait un traitement différencié selon les âges et les sexes.
A 12 ans les jeunes filles étaient déjà en âge de se marier alors que les jeunes hommes devaient avoir 14ans.
Cepandant, le jeune homme atteignait sa majorité civique à l’âge de 17ans.

La mortalité infantile : chagrin ou indifférence ?
Au XVIIIe siècle, à Genève, la mortalité infantile était encore très élevée. Les statistiques montrent en effet que :
31% des enfants mourraient avant 1 année
46% avant 10ans
La majorité des familles n’avait donc qu’un seul enfant qui grandissait jusqu’à l’âge adulte. Il y avait souvent des familles monoparentales, du à la mort de la mère lors d’un accouchement.
Chez les romains, c’était également le cas.

Comment supporter une mort précoce de l’enfant ?
Il peut y avoir 2 regard croisés : le chagrin ou l’indifférence
On remarque les 2 dans l’histoire, cependant l’omniprésence de la mort n’enlève en rien l’affection pour l’enfant.

L’indifférence est notamment mise en évidence par Cicéron qui dit qu’il n’y a pas lieu de se plaindre de la perte d’un enfant au berceau.
Numa explique qu’on ne portait pas le deuil d’un enfant en dessous de 3ans. Ensuite, le deuil était proportionnel à l’âge de l’enfant, mais n’excédant pas 1 mois par année vécue par ce dernier.

On note la présence du chagrin dans la mort infantile notamment grâce à des stèles funéraires ou des ex-voto (statuettes apportées dans un sanctuaire)

La mortalité maternelle était également très élevée. Soronos montrent que lorsqu’un enfant se présentait par les membres, on procédait à une embryectomie pour sauver la mère. On découpait donc le bébé en morceau afin de l’avorter. La conception de la vie et de la naissance était donc différente. L’enfant n’existait pas avant sa naissance.

Rite de passage
Il ne suffit pas de naître pour exister.
1) Passer le test de vigueur et couper le cordon ombilical
A Rome, le bébé n’est ni pesé, ni mesuré, il est examiné sous tous ces angles. On vérifie ses orifices, ses articulations, etc… Des signes mauvais révèlent de son inaptitude et il est donc éliminé. S’il passe ce ‘test’, le cordon ombilical est coupé.
Le cordon ne doit pas être coupé par du métal car cela pourrait être de mauvais augure. Au Togo par exemple, selon la pensée traditionnelle, l’emploi d’un objet métallique pour couper le cordon ombilical pourrait rendre l’enfant violent dans le futur. On emploie donc un brique de verre ou de porcelaine, ce qui peut causer de grave problème (tétanos)

2) Le bain
Le bain marque la véritable naissance. Cela signifie que le père a accepté son enfant. C’est donc une étape très importante.
On emploie de l’eau et du sel pour laver le bébé de sa viscosité. Cela marque la séparation avec la mère et annonce le modelage de l’enfant. On pense affermir sa peau grâce au sel.
Des plantes peuvent aussi être employée pour le bain. C’est le cas au Kenya par exemple. Les plantes ont différents rôles :
-affirmer l’appartenance au clan
-éliminer l’odeur de l’enfant
-écarter les mauvais esprits
En Côte d’Ivoire, on craint que le double de l’enfant qui n’est pas encore bien attaché à ce dernier se détache lorsqu’on le sèche.

3) Le massage
On doit encore ‘terminer le bébé’ en le modelant grâce à des massages et ce jusqu’à ce qu’il marche. Il faut le défroisser, l’assouplir, l’affermir. Par exemple, on le pend par les chevilles pour lui donner la courbure idéale à son dos.
Il y a un souci d’esthétique.

4) L’emmaillotement
L’emmaillotement est différent selon le sexe. Il doit être plus serré au niveau des seins et moins au niveau des hanches chez les filles.
L’enfant est emmailloté pendant 40 jours, jusqu’à ce qui bouge trop. L’emmaillotement immobilise totalement l’enfant. On sort d’abord son bras droit de manière à éviter qu’il ne devienne gaucher.

5) L’allaitement
Le bébé subit une diète de 2 jours. On lui donne de l’eau tiède avec du miel, qui est sensé le protéger contre les mauvais esprit.
Une nourrice est employée. En cas de divorce, le bébé suit son père, d’où l’intérêt d’avoir une nourrice.

6) La naissance sociale de l’enfant
La naissance sociale de l’enfant a lieu après 8 jours pour les filles et 9 jours pour les garçons. Cette naissance a toute une symbolique.
Un nom lui est choisi.
Il reçoit également un cordon d’amulette, appelé la bulla chez les romains. La bulla signifie que l’enfant est libre (pas chez les esclaves) et est sensé protéger l’enfant.
On retrouve ces cordons d’amulette dans beaucoup de civilisations traditionnelles. Parfois c’est une clochette, une dent de sanglier, une pièce de monnaie, une image de phallus…
Une demi-lune favorise la croissance.
En Thaïlande, un pompon rouge sur le côté est sensé repousser le mauvais œil.

Résumé :

Repères historiques et anthropologiques :

1) Démographie : la forte mortalité infantile n’implique pas forcément une indifférence, mais conditionne les comortements.

2) Entrée dans la vie : il y a une naissance biologique et une naissance sociale.
Bain, massage, emmaillotement : un corps malléable, inachevé, à façonner
Allaitement : transmissions de qualités par le lait
Amullette : protéger l’enfant de tout mal
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